THE MURDER CAPITAL Toute première fois.

THE MURDER CAPITAL
Toute première fois.

Les Irlandais de The Murder Capital, acclamés du public comme de la critique, ont sorti au mois de janvier leur troisième album, Blindness. Entretien avec le chanteur James McGovern autour de ce disque durant leur  passage dans nos contrées. 

Vous publiez ici votre troisième album, et êtes désormais très installés dans la scène irlandaise comme internationale. Votre approche a-t-elle changé avec les années ?

Écrire de la musique, en particulier en collaboration avec d’autres personnes, c’est un peu comme lire une recette de cuisine, sauf que la langue change à chaque fois qu’on relit la page. Il faut donc réapprendre à communiquer et déchiffrer les informations à chaque fois, et donc ce n’est jamais vraiment pareil. Je me retrouve même surpris par le processus. J’aurais pensé qu’au troisième album, j’aurais moins la pression, mais en réalité, j’ai toujours l’impression d’une première fois. Composer est imprévisible, parce que la vie elle-même est imprévisible, et en plus, il y a cinq vies autour de la table. Tout ce qu’on vit se reflète, consciemment ou pas, dans ce qu’on fait. Ça peut être infernal, comme ça peut être magnifique.

Cet album semble plus direct que son prédécesseur, Gigi’s Recovery (2023). Pourquoi cela ?

On voulait avoir une certaine immédiateté, oui, quitte d’ailleurs à être assez durs au moment de la sélection et couper assez largement ce qui devait l’être. Bizarrement, il y a quand même des morceaux longs sur l’album, mais ils le sont parce que ça convient à leur essence. On a avancé en étant, pas vraiment expérimentaux, mais en tout cas libres dans notre approche, et indulgents. On n’a fait aucune démo, on a juste enregistré nos idées en notes vocales sur nos téléphones, et on est allés au studio direct. Rien n’était superposé ensemble, il n’y avait pas de contexte complexe autour de tout ça, on a vraiment voulu amener l’esprit du morceau et rien de plus. 

Votre single “Love Of A Country” a notamment servi à lancer une campagne de dons pour l’aide médicale aux Palestiniens. Parlez-moi de ce titre et de son lien avec l’actualité. 

Parfois, quand on écrit, il y a des choses qui émergent de manière inexplicable. J’avais ce sujet au fond de mon esprit depuis longtemps, parce que je me souviens avoir entendu des propos xénophobes un peu partout dès la cour de récréation. Aujourd’hui, c’est une question omniprésente. On voit la montée des idéologies nationalistes partout et les dégâts que cela cause. Nous avons toujours soutenu la Palestine, et on a pensé que la sortie de ce morceau était le moment parfait pour faire une action vraiment significative. Même si cette chanson parle principalement de la xénophobie dans la culture irlandaise, son message est malheureusement universel et résonne encore aujourd’hui à un niveau global. C’est un phénomène qui est difficile à ignorer. 

Interview @kellyleguenPhotos @ DR

@themurdercapital

Blindness (nouvel album disponible)