Selah Sue La renaissance

Découverte en 2011 avec le hit Raggamuffin, la chanteuse belge jongle avec une facilité rare entre soul, électro, pop, R&B, hip-hop et jazz. Une fusion réjouissante, pourtant nourrie de ses troubles personnels, pour une quiétude enfin trouvée sur Persona, son troisième album. Enfin la lumière ?

Selah Sue

Qu’est-ce que ça fait de retrouver la scène ?

C’est très excitant même si ces deux années ont été super car je n’avais rien de prévu. J’ai pu me concentrer sur l’album. Les cinq précédentes, je m’étais vouée à mon rôle de mère. Là, mes enfants ont grandi, je me sens renaître, c’est la période idéale pour revenir. J’ai pu prendre le temps de trouver le son du disque. J’ai un nouveau groupe avec une super ambiance, des musiciens de haut niveau. On était donc impatients.

 

Quelle a été ton inspiration sur Persona ?


Mes visites chez le psy. J’y vais depuis l’âge de 14 ans, à chaque fois avec les mêmes problèmes, comme cette peur que les gens ne me trouvent pas assez bonne, que je ne vaux rien. Elle m’a fait suivre une thérapie qui explore les différents axes de la personnalité, pour les comprendre, les accepter, et les empêcher de prendre le contrôle. Chaque chanson a été pensée selon l’un d’eux. Ecrire l’album a aussi agi comme une thérapie.

Selah Sue

En quoi l’écriture t’a aidée ?

Beaucoup m’ont connue avec Raggamuffin mais en écoutant d’autres titres, ils sentiront qu’ils évoquent tous la dépression. Une chanson, c’est une façon de m’exprimer, à la manière d’un journal intime. Cela m’a donc aidée, y compris à supporter le confinement, à avoir quelque chose auquel m’accrocher.

 

Comment t’es-tu construite musicalement ?


On n’écoutait pas de musique dans ma famille. J’ai démarré par la soul américaine : Erykah Badu, Fugees, Lauryn Hill, Common… Je me suis ensuite penchée sur la pop, la drum’n’bass, le classique… J’ai absorbé ces styles, mon son est né, et mon album est ainsi : une première chanson hip-hop, la deuxième classique, la troisième drum’n’bass. Je ne veux pas me limiter à un genre tout en restant moi-même.

Crédits :
 

Interview @Pascal BERTIN

@Selah Sue

Album : Persona (Because)

En concert le 19 octobre à La Rochelle (La Sirène)