PAULINE CUQ
MAÎTRISE DE SOI
Championne d’Europe des moins de 23 ans et championne de France (-52 kg) en 2025, la Niortaise Pauline Cuq s’affirme comme l’un des grands espoirs du judo français. Entre ambition et lucidité, elle poursuit son ascension vers le très haut niveau.
Vous êtes revenue des championnats d’Europe U23 en Moldavie avec un titre. Dans quel état d’esprit étiez-vous ?
Je me sentais vraiment bien physiquement. La préparation avait été solide et j’abordais la compétition avec confiance. Ce titre m’a permis de franchir un cap mentalement. En finale, j’ai su imposer mon rythme et contrer le judo de la Serbe Nikolina Nisavic. Mes déplacements étaient plus justes et, une fois l’avantage pris, j’ai réussi à gérer le combat jusqu’au bout. C’est une vraie satisfaction quand tout se déroule comme prévu.
Dans la foulée, vous avez enchaîné avec les championnats de France à Saint-Étienne où vous obtenez votre premier titre national Senior…
Oui, l’objectif était clairement d’aller chercher ce titre. Ma catégorie est très dense : il y a beaucoup de concurrentes, sans oublier les outsiders, et nous nous connaissons toutes. C’est une compétition exigeante. La journée a été stressante, avec des combats longs et éprouvants. La finale a été la plus difficile, elle s’est jouée sur la durée. J’étais évidemment heureuse de décrocher ce titre, mais je reste concentrée sur la suite. Ce n’est pas un aboutissement, seulement une étape.
Quelles sont justement ces prochaines étapes en 2026 ?
Il y a d’abord le Paris Grand Slam, l’un des tournois majeurs du circuit mondial. L’objectif est d’y emmagasiner de l’expérience. On est clairement dans le très haut niveau. Pour l’instant, je ne sais pas encore sur quelles compétitions je serai sélectionnée, mais chaque opportunité comptera pour progresser et gagner des places au classement mondial.
Vous menez aussi un double projet sport / études exigeant.
Oui, je suis étudiante à Sciences Po Paris, et cela me plaît beaucoup. Grâce à un étalement de scolarité, je peux m’entraîner quotidiennement à l’INSEP : trois heures de judo par jour, complétées par du travail cardio, de la musculation et du stretching. Ce double projet est essentiel pour moi : il me permet de garder un équilibre et de construire ma vie au-delà du sport.
Derrière votre parcours, votre club des Dojos Agglo du Niortais 79 (DAN 79) a-t-il été un pilier ?
Oui, c’est très important pour moi. Travailler avec des personnes qui ont cru en moi depuis le début compte énormément.
Interview : Hélène Morisseau