Laura Laune, le meilleur du pire !

Révélée au grand public par l’émission de M6 « La France a un incroyable talent » en 2017, et après une tournée de plus de 500 dates avec son premier spectacle « Le Diable est une gentille petite fille », l’humoriste belge Laura Laune revient à La Rochelle quatre ans plus tard avec son deuxième spectacle tout aussi noir et trash que le premier, « Glory Alleluia ».

Laura Laune

De quoi parle votre nouveau spectacle ?
Alors que le premier était une succession de sketchs, là c’est une histoire qui se déroule sur 1h45. J’aborde les coulisses du premier spectacle ainsi que celles de « La France a un incroyable talent ». Il y a une différence entre ce qu’on voit et ce qu’on vit.

Votre victoire de la saison 12 de l’émission de M6 a-t-elle été un tremplin pour vous ?
C’est en effet là que les choses ont commencé à s’accélérer. Avant « La France a un incroyable talent », je commençais petit à petit à me faire connaître. Mes débuts de carrière fin 2013, début 2014 étaient compliqués. J’ai joué pendant trois ans à Paris mais je connaissais peu de monde, les portes restaient fermées, même parfois du côté des médias. L’émission a permis une grosse médiatisation.
Au début, on m’a beaucoup dit : « Ça ne marchera pas. » À force, on finit par se demander si on doit continuer. Mais le retour du public était différent. Il me disait : « Ça fait du bien de ne pas avoir de filtre, qu’une personne ose dire les choses. » C’est le public qui m’a permis de faire passer cet humour-là et c’est encore lui qui m’a d’ailleurs fait gagner à « La France a un incroyable talent ».

«  J’aime bien détourner des choses mignonnes pour en faire des choses beaucoup moins mignonnes »

Ce deuxième spectacle est également un spectacle plus personnel, plus intime.
Oui, je parle de ma vie privée, ce que je n’avais pas fait dans le premier, et notamment de mon syndrome d’Asperger. Je me suis beaucoup posé de questions à ce sujet et je me suis rendu compte que c’était assez méconnu du grand public. Quand j’ai été diagnostiquée, j’ai été confrontée à tout un tas d’idées reçues. Moi-même, j’avais aussi de nombreux a priori et j’ai énormément hésité à en parler, c’était difficile pour moi d’aborder ce sujet. Alors que cela gagnerait tellement à être connu davantage et désacralisé. Ce n’est pas une maladie. Quand j’ai entendu d’autres personnes connues en parler, cela m’a aidée. Alors si je peux aider à mon tour à désamorcer la nouvelle pour certains. Cela peut aider les gens ou leurs proches d’entendre parler du syndrome d’Asperger sur un ton humoristique.

L’humour noir est et reste dans ce deuxième opus votre marque de fabrique.
Quand j’ai commencé, je ne me suis pas dit : « Je veux absolument faire de l’humour trash ». Cela a toujours été mon humour dans la vie de tous les jours, avec mes amis. C’est mon humour naturel. J’avais envie de partager cet humour-là. Et je voulais surtout aborder des sujets sérieux, qui me révoltaient, comme le racisme, la maltraitance, la pédophilie, l’inceste, le terrorisme… Forcément, on tombe sur un humour plus sombre quand on aborde ces sujets-là. C’est ça qui m’a donné envie de secouer les consciences et de monter sur scène.

Laura Laune

Vous jouez également sur le décalage entre votre blondeur angélique et vos propos plus sombres.
J’ai toujours été réservée et timide. C’est d’ailleurs pour cela que mes parents m’avaient inscrite à des cours de théâtre vers l’âge de 10 ans. Cela m’a passionnée, cela a été une révélation et j’ai tout de suite voulu en faire mon métier, même si les gens ne croyaient pas beaucoup en moi. J’avais justement envie de jouer sur l’idée qu’ont les gens de moi et leurs préjugés, la jeune femme blonde et timide qui ne dit pas grand-chose dans son coin. Je voulais utiliser ce cliché et ce décalage entre apparence et propos pour surprendre encore plus. Surtout que j’aime bien détourner des choses mignonnes pour en faire des choses beaucoup moins mignonnes (rires).

Des projets pour la suite ?
En parallèle du deuxième spectacle, je suis en train d’écrire une fiction et un album.