Joséphine Tassy
Osez Joséphine
Sous le signe de l’audace, la jeune auteure Joséphine Tassy offre un premier roman “L’indésir”, sorti au format poche à la dernière rentrée littéraire. Elle y déploie toute sa verve dans un Paris fabuleux aux personnages bien croqués. Nous l’avons rencontrée autour d’un thé à L’Ombre du Vent.
Son héroïne Nuria a beau apprendre la pire des nouvelles, la mort de sa mère, rien chez Joséphine Tassy ne vient abattre le cœur du lecteur. Son énergie est palpable quand elle évoque ses rêves d’enfance devenus aujourd’hui réalité : “J’ai toujours écrit, j’ai toujours rêvé d’être écrivaine. J’ignorais alors qu’une grande partie du métier consiste à aller en librairie pour des rencontres, participer à des salons, à des événements… Heureusement cela permet au lecteur d’être incarné. Je pense toujours à lui quand j’écris, je cherche à rendre la lecture aussi prenante que possible.” Et son premier tour de chauffe littéraire lui a permis de se frotter à la réalité des idées : “Certains lecteurs m’ont partagé leurs convictions. C’est très intéressant de découvrir le thème qu’ils ont retenu le plus : le deuil, le regret, la relation mère-fille…”
Car “L’Indésir” se permet toutes les émotions, dans un Paris “jeu de l’oie” où derrière chaque porte se cache une potentielle connaissance de sa mère, que Nuria va rencontrer avec à ses côtés Abel son nouveau bien-aimé. “J’avais en tête cette galerie de personnages dès le début. Chacun à leur manière, ils représentent un type d’amour : amoureux, amical, fraternel, empêché… Les endroits où Nuria les rencontre incarnent également quelque chose. ‘L’Indésir’ parle de la perception des gens et des lieux, de l’identité face aux souvenirs.”
Je combats l’idée d’une vérité unique.
Face aux injonctions modernes de développement personnel, Joséphine tente une approche intime, sans nier nos failles : “Je ne conteste pas le côté tangible de notre réalité commune. Mais je pense que l’on place trop souvent la mémoire du côté de la raison, alors que c’est une faculté qui repose aussi sur l’imagination. Moi-même j’ai une très mauvaise mémoire, j’ai été un peu forcée de me raconter des histoires pour combler les trous. En écoutant des personnes âgées, on voit combien le souvenir réécrit les choses.”
Se réinventer, c’est d’abord tisser le récit de nos vies passées.
Pour la suite, Joséphine souligne, confiante : “Certains romanciers voient l’écriture comme un prétexte pour faire des recherches. Pour moi, il s’agit de répondre à des questions qui me hantent.”
@josephinetassy
Logo Livre – L’indésir & Dragonnes (disponible – édition L’iconoclaste)