Hortense de Beauharnais L’impératrice dudancefloor

Hortense de Beauharnais
L’impératrice du
dancefloor

Avant même d’avoir entendu un seul de ses sets, son nom intrigue. Hortense de Beauharnais — un pseudonyme qui évoque l’histoire autant que l’élégance — est né presque par hasard. « À la base, c’était une blague entre amis », confiait-elle dans une précédente interview. « Je voulais un nom un peu trop sérieux, presque décalé par rapport à la techno. Et finalement, il est resté. » Aujourd’hui, difficile d’imaginer la scène française sans elle. De son passage au festival Norone à Niort à ses tournées en clubs, elle s’impose en trois ans comme l’une des figures les plus sincères du moment. Rencontre croisée, nourrie de ses différentes prises de parole.

Tu viens de jouer à Niort pour le festival Norone. Qu’est-ce que tu retiens de ce genre d’événements ?

Ce que j’aime dans ces formats, c’est la proximité. Ce n’est pas juste une foule, c’est un public. On sent vraiment l’attention, l’engagement. Dans plusieurs interviews, j’ai souvent dit que je préfère ces moments où il y a une vraie écoute plutôt que des énormes scènes où tout peut devenir plus
anonyme.


On parle beaucoup de ta sincérité artistique. C’est quelque chose que tu revendiques ?

Oui, mais sans que ce soit un concept marketing. Pour moi, c’est presque une nécessité. J’ai toujours expliqué que je ne pouvais pas jouer ou produire quelque chose qui ne me ressemble pas. Même dans un set techno assez dur, j’ai besoin d’une émotion derrière, sinon je m’ennuie.

Tu sembles refuser les codes trop figés de la techno…

Complètement. La techno, ce n’est pas un moule. Dans plusieurs interviews, j’ai dit que je pouvais autant être influencée par de la musique ambient que par quelque chose de très industriel. J’aime créer des contrastes. Si tout est linéaire, je décroche.


Ton ascension a été très rapide. Comment tu l’as vécue ?

Avec beaucoup de recul, justement pour ne pas me perdre. J’ai souvent raconté que je n’avais pas de plan de carrière très précis. Les choses se sont enchaînées parce que j’ai dit oui aux projets qui me semblaient justes, pas forcément stratégiques.


Il y a une dimension presque narrative dans tes sets…

Oui, c’est important pour moi. Je ne construis jamais un set comme une simple succession de tracks. J’ai besoin d’un début, d’une montée, de respirations. Dans certaines interviews, je parle même de “raconter une histoire sans mots”.


Ton rapport au public semble central.
C’est essentiel. Même si je suis seule derrière les platines, ce n’est jamais un moment solitaire. Je capte énormément l’énergie de la salle. Parfois, ça me fait complètement changer de direction en plein set.


Tu dis souvent que tu refuses de te répéter. Ça implique quoi concrètement ?

Ça veut dire prendre des risques. Tester des choses qui ne marchent pas toujours. Accepter de ne pas être “parfaite”. Je préfère un set imparfait mais vivant qu’un set trop contrôlé.

Et la suite ?

Continuer à explorer. J’ai évoqué dans plusieurs échanges l’envie d’aller vers des formats plus hybrides, mêler visuel, peut-être du live. Et surtout, garder cette liberté qui m’a permis d’en arriver là.

Si tu devais résumer ton approche en une phrase ?


Rester honnête, même quand c’est inconfortable


@hortense2beauharnais ; @Norone Festival

Interview @ch_taker
Photos : DR