Hakim JEMILI
« Pour moi le stand-up, c’est l’art le plus égalitaire »
En tournée avec son one-man-show « Fatigué » Hakim JEMILI parcours la France et a posé récemment ses bagages au Républic Corner de Poitiers. Super, sublime, excellent, il a su s’imposer en quelques années seulement comme l’une des figures montantes de l’humour en France, jonglant entre la scène, le cinéma, les séries et internet, il n’est jamais fatigué !
1/ Comment s’est passé la construction de votre deuxième spectacle et quelles sont vos sources d’inspirations ?
H.J : Il n’y a pas vraiment eu de construction… j’avais envie de remonter sur scène et j’y suis allé, c’est aussi simple que ça.
La vie est source d’inspiration, ce que l’on vit tous les jours au quotidien, l’actualité, la famille, les histoires…
2/ Vous êtes devenu papa aussi… Qu’a changé l’arrivée de votre fils dans votre vie ?
H.J : C’est exactement la même chose mais en mieux… ma vie est toujours la même mais en mieux.
3/ Si vous aviez une baguette magique, quelle est la chose que vous aimeriez changer ?
H.J : C’est une question à laquelle je n’ai jamais réfléchi… j’enlèverais le racisme.
4/ Que pensez-vous de la nouvelle génération d’humoristes qui se lance ?
H.J : C’est un métier qui est à la « mode », les gens pensent que c’est facile et la vérité c’est dur de remplir des salles, de ramener des gens à ses spectacles… Tout est très complexe, il ne suffit pas d’être marrant dehors avec ses potes dans la rue et sortir 2/3 punchlines sur les réseaux pour croire qu’on est un bon humoriste. C’est beaucoup de travail, sur des années… C’est le « métier » qui donne le plus de facilité aux gens pour la réussite, par exemple, c’est le seul métier ou les arabes et les noirs excellent parce que c’est le public qui choisit. C’est encore le métier artistique le plus sujet à la méritocratie parce que c’est le public qui choisit. Si dans le stand-up ça ne marche pas, tu peux n’en vouloir qu’à toi-même. Pour moi le stand-up c’est l’art le plus égalitaire.
5/ Si vous n’aviez pas été humoriste et comédien, qu’auriez-vous exercé comme métier ?
H.J : En toute honnêteté je ne sais pas trop ce que j’aurais fait… je pense que j’aurais voyagé un peu plus. Voyager ça fait du bien, on revient plus ouvert d’esprit. J’aimerais aller partout.
6/ En tant qu’humoriste, peut-on rire de tout ou vous mettez-vous une certaine limite à ne pas dépasser ?
H.J : C’est une très bonne question que je ne me suis pas posée depuis un certain nombre de temps… Tout dépend où l’on pratique son humour : si c’est sur les réseaux avec une diffusion de manière trop rapide ce n’est pas bon puisqu’on peut sortir tout de son contexte… mais sur scène, je considère que ça reste encore, de nos jours, le seul espace vraiment très libre où l’on peut s’exprimer sans avoir peur. Je ne me mets aucune limite.
7/ À 35 ans, avec un peu de recul, que ressentez-vous face à votre parcours, à votre carrière ?
H.J : Je n’en tire aucune satisfaction, aucune gloire, aucune fierté quelconque. La seule chose que je peux vous dire c’est que je suis très content de faire ce que je fais grâce à Dieu. Je sais que j’ai beaucoup de chance. C’est un métier extraordinaire que ce soit d’être sur les planches au théâtre ou d’être au cinéma.
8/ Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
H.J : La santé dans un premier temps… de la dignité aussi ; c’est beau on n’en parle jamais. De la paix même si ce n’est pas nous qui décidons malheureusement et c’est déjà pas mal… Si on a tout ça, on est déjà très heureux.
Interview @CoralieLedoux & Crédit photos : @Louis LEPRON
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