Guillaume Meurice & Éric Lagadec Vers l’infini (mais pas au-delà)

Guillaume Meurice & Éric Lagadec
Vers l’infini (mais pas au-delà)

Quand un chroniqueur rencontre un astrophysicien : cela donne un regard en duo vers l’immensité, et une tentative décalée de l’appréhender à notre minuscule échelle. Nous avons rencontré Guillaume & Éric, deux compères qui ont enthousiasmé le public d’Aiffres avec leur spectacle pédagogique et humoristique.

JDN : Bonjour à vous deux, comment se passe votre tournée ?

Guillaume Meurice : Très très bien. On est ravi de venir près de Niort. Pour l’anecdote, on est aussi passé à Chenôve en Côte-d’Or, ma ville de naissance.

JDN : Comment s’est monté votre duo ?

GM : Le spectacle est bâti sur une sorte de conférence à deux voix. Moi, je m’occupe de la connerie. Éric parle de l’Univers. Chacun sa spécialité. (rires) C’est moi qui ai contacté Éric en premier pour l’idée du spectacle. Parce qu’il est timide.

Éric Lagadec : J’étais timide. (rires)

GM : C’était le quart d’heure américain. Et après… On a une relation au long cours maintenant, qui fonctionne bien.

JDN : Avez-vous l’occasion d’échanger avec les spectateurs après les représentations ?

GM : Oui, il y a souvent des bars dans les théâtres et on y donne rendez-vous aux gens. On boit des coups, on dédicace des bouquins. Et on discute. Il y a des questions, mais c’est plus pour Eric. 

EL : C’est vrai, c’est plus des questions d’astronomie.

JDN : Y’a-t-il un peu d’éco-anxiété dans leurs questions ? Aviez-vous envie de rassurer les gens avec ce spectacle et votre humour ?

EL : Notre message a évolué au fil des représentations, tout en restant le même. En gros, on est là parce que l’univers a 13,8 milliards d’années, et en quelques siècles, on est en train de détruire le vivant sur la planète. Là, c’est anxiogène. 

GM : Et ce qui permet de rendre la chose moins anxiogène, c’est qu’on en rigole. On fait des blagues et on essaie d’être assez, je ne sais pas, “distant” c’est peut-être pas le mot, mais en tout cas léger par rapport aux sujets qu’on aborde. Dans la connerie, il y a des trucs anxiogènes aussi. Dans l’univers et dans ce qu’explique Éric, il y a plutôt un truc très spectaculaire et contemplatif.

JDN : Cette vulgarisation permet au spectacle de toucher tous les publics ?

GM : Oui, et ce quel que soit l’âge. On a même des gosses qui viennent.

JDN : Avez-vous remarqué des différences de réactions entre les villes où vous vous êtes produits ?

GM : On a trouvé que le plus bel endroit c’était les Deux-Sèvres pour l’instant. Avant Aiffres, on a déjà joué à Bressuire. Il y a vraiment un public extraordinaire.

JDN : On est d’accord. (rires)

GM : Après, évidemment, le public breton reste le meilleur, mais j’ai un petit biais.

JDN : En effet, il me semble que vous êtes tous les deux bretons désormais ?

EL : Il y en a un de naissance et l’autre d’adoption.

GM : Voilà, il y en a un qui a fui la Bretagne et il y en a un qui a rejoint la Bretagne. (rires) Non, mais l’ambiance est différente dans chaque salle, ça dépend de tellement de paramètres, si on a eu le temps d’échanger avec le public avant… Ça ne dépend pas des régions, vraiment.

EL : Ouais, c’est pas marqué à ce point-là.

JDN : Adaptez-vous le contenu du spectacle à l’actualité récente ?

GM : On rajoute des trucs en fonction de la localisation et des évènements. Après, moi, dans le domaine de la connerie, c’est sûr que l’actualité est fournie en ce moment. Il y a toujours moyen de glisser quelque chose… Il suffit de s’abonner au compte Instagram de Louis Sarkozy et il y a de quoi écrire deux spectacles.

JDN : Vous avez tous les deux déjà publié. L’idée d’un livre en commun ou d’une adaptation du spectacle en BD vous a traversé l’esprit ?

GM : On réfléchit plutôt à faire quelque chose en vidéo.

EL : J’ai publié des articles, mais aussi des livres de vulgarisation. Une captation, moi je suis d’accord.

GM : Ah, le producteur du spectacle vient de passer, il a dit oui aussi. Voilà, ça a été annoncé ici en avant-première. (rires)

JDN : Une exclu, on aime bien. Enfin, comment gérez-vous la tournée au milieu de vos autres projets ? Avez-vous des conseils d’organisation à donner ?

GM : Moi, mon organisation principale, c’est de ne pas dormir beaucoup.

EL : En fait, la semaine, je mets mon costume de chercheur, et le week-end… Mon costume de saltimbanque.

GM : Je n’ai pas forcément de conseils à donner. Moi je mets mon costume de saltimbanque tous les jours. J’en ai qu’un, j’ai un seul costume. Mais ouais, il faut être bien organisé. J’ai l’impression de ne faire que des trucs qui m’amusent, alors c’est facile en vrai.

EL : Oui, c’est ça le secret, quand on fait des choses qui nous plaisent, on n’a pas vraiment l’impression de travailler en fait.

GM : Faut pas le dire à notre producteur, c’est lui qui nous paie. Ah, il est déjà au courant, merde. En fait, tout ça c’est beaucoup de travail. (rires)

 Interview @cinecharlie