EAGLE-EYE CHERRY
LE PUBLIC FRANÇAIS A UNE SENSIBILITÉ QUI ME TOUCHE
Quelques mois après ses concerts à Parthenay et Poitiers, Eagle-Eye Cherry revient sur ces soirées intenses, son lien avec la France, et ce qui l’inspire encore à monter sur scène près de trente ans après “Save Tonight”. Entretien avec un artiste sincère et fidèle à lui-même.
Tu as tenu deux concerts à Parthenay et Poitiers, très attendus dans notre région. Comment as-tu vécu ces soirées ?
Eagle-Eye Cherry — C’était incroyable. Je ne connaissais pas Parthenay avant, mais j’ai été touché par l’accueil, la chaleur du public. À Poitiers, même chose : une belle énergie, des gens vraiment présents. On sent qu’ici, la musique est vécue profondément. C’est un vrai bonheur de jouer dans des villes où l’on ressent cette proximité.
Tu as une histoire particulière avec la France. Peux-tu nous en parler ?
Oui, la France m’a toujours soutenu. Quand mon premier album est sorti, le public français a tout de suite répondu présent. Je crois qu’il y a ici une sensibilité, une écoute qui me touchent. Je peux jouer une chanson douce, acoustique, et le silence est là, puis lancer un morceau plus rock et l’énergie revient immédiatement. C’est rare. Et puis j’ai passé beaucoup de temps à Paris au fil des années, c’est un pays qui fait partie de mon histoire.
Tu joues encore “Save Tonight” à chaque concert. Ce titre t’a révélé au monde en 1997. Tu ne t’en lasses pas ?
(Rires) Non, jamais. Ce morceau a changé ma vie. C’est grâce à lui que je suis là aujourd’hui, que je peux tourner, enregistrer, rencontrer le public. Bien sûr, c’est un moment particulier à chaque concert, il y a une sorte de communion qui se crée. Et puis j’essaie de le réinventer un peu à chaque fois. Ce n’est jamais exactement la même version.
Le public t’a découvert avec une folk-rock très organique. Comment ta musique a-t-elle évolué depuis ?
Je crois que j’ai gardé une forme de simplicité, une envie de raconter des histoires. Mais j’aime explorer. Mon dernier album, Back on Track, a des sonorités plus modernes, parfois un peu plus sombres, mais toujours avec cette base : guitare, voix, émotions. Je travaille aussi avec des musiciens formidables qui m’aident à rester curieux, à ne jamais refaire deux fois la même chose.
Justement, comment choisis-tu les morceaux pour la scène aujourd’hui ?
C’est un mélange. Je joue bien sûr les chansons que le public attend — “Falling in Love Again”, “Are You Still Having Fun?”, etc. — mais aussi des titres plus récents ou moins connus, que j’ai envie de partager. Et parfois, en répétition, on sent qu’un vieux morceau revient avec une nouvelle énergie, alors on le remet au programme. L’idée, c’est toujours de créer un voyage.
Ton dernier album, Become a light (2025), marque justement le retour à un son plus organique. Peux-tu nous parler de sa genèse ?
Oui, avec mon précédent album, Back on track, j’ai eu envie de revenir à l’essentiel : une guitare, une mélodie forte, une voix sincère. J’avais envie de capturer l’énergie d’un concert et de l’amener en studio. Become a light est la deuxième partie de ce concept, avec des chansons pensées pour le live.
Tu joues de nombreux instruments toi-même sur tes albums. Est-ce important pour toi de garder cette maîtrise ?
Oui, parce que c’est comme ça que je construis mes chansons. Je commence souvent par une ligne de guitare ou un riff de piano. Ensuite, j’expérimente avec des textures. Sur Back on Track, j’ai enregistré plusieurs batteries moi-même, pour garder une certaine rugosité. Sur Become a light, j’ai enregistré les guitares en “live”, pour renouer avec l’énergie brute du rock post punk, revenir aux fondamentaux.
Et la suite ? Une nouvelle tournée ? Un album en préparation ?
J’ai terminé ma tournée fin octobre. Je m’accorde une petite pause pour me ressourcer mais, je compte repartir vite, tant l’envie et l’énergie sont là. Et elles sont bien là, croyez-moi.