Dominique A, en pleine lumière

Sur son quatorzième album, Le monde réel, l’artiste nantais partage son éco-anxiété sur une musique orchestrée qui laisse pourtant place à la lumière. Une œuvre magistrale qu’il transpose sur scène et en groupe.

Dominique A

Comment est né ton dernier album, Le monde réel ?
J’y travaillais avant le Covid mais n’arrivais pas à le formaliser dans ma tête. Je voulais un album orchestré, voulais prendre du temps, mais n’avais pas les morceaux. Il a bénéficié d’une décantation forcée due à la pandémie. Cela a confirmé le choix de musiciens issus de la pop et du jazz, et fait disparaître des appréhensions qui n’avaient pas lieu d’être.

Quelles en sont les thématiques ?
Tout est venu par la force des choses. Il y avait deux solutions : soit refuser la noirceur, soit en prendre acte et laisser l’écriture se faire contaminer. C’est ce qui s’est passé. La tonalité est un peu anxiogène mais la musique permet aussi l’espoir. Les messages frontaux sont optimistes là où les tonalités plus sombres sont imagées.

Comment l’embarques-tu sur scène ?
Je tourne avec le même groupe que sur l’album. J’essaie de ne pas toucher la guitare afin d’être chanteur solo. Cela implique un rapport différent à la scène, d’être le frontman que je ne suis pas, sans le surjouer. Je ne suis pas Nick Cave ! L’idée est d’avoir un son feutré, acoustique, parfois même très bas. Je ne supporte plus l’idée d’assommer le public avec un gros son, surtout dans les théâtres. J’ai du mal avec l’idée de pop vue comme un rouleau compresseur qui remplit tout l’espace.

Pourquoi es-tu revenu vivre à Nantes en 2015 ?
J’en avais besoin. Ma situation le permettait car je suis un artiste identifié. Je suis heureux quand je reviens à Paris pour le travail mais c’est mieux de ne plus y vivre. Peut-être que je sortirais plus le soir et qu’on m’y croiserait trop souvent !

Crédits :
 
Interview et texte par @Pascal BERTIN
 
Crédit Photo : @Jérôme Bonnet