Charles Doré
Je veux que mes chansons fassent du bien aux gens
Révélé par la Star Academy, Charles Doré troque aujourd’hui ses bottes de cavalier pour les projecteurs des plus belles salles de France. Entre la sortie de son premier album et une tournée qui affiche déjà complet, le jeune artiste se confie sur son parcours atypique, ses inspirations et son besoin viscéral de rester fidèle à lui-même. Rencontre avec un talent qui garde les pieds sur terre et la tête dans les étoiles.
Vous suiviez un cursus agricole au départ, à quel moment a eu lieu le déclic artistique ?
C’est vrai, je préparais un Bac Pro conduite et gestion de l’entreprise hippique. L’envie de chanter a toujours été là, au fond, mais je le faisais surtout pour mon entourage. Et puis, lors de la troisième saison du retour de l’émission, j’ai envoyé ma candidature alors que j’étais en terminale. Trois semaines plus tard, j’étais à cheval quand on m’a appelé pour monter à Paris passer les castings. Après plusieurs mois de sélection, j’intégrais enfin le château.
Quel est le conseil le plus précieux que vous ayez reçu durant cette formation accélérée à la Star Academy ?
Au-delà des techniques de chant classique et d’expression scénique, ce sont les mots de Marlène Schaff qui m’ont marqué. Elle me répétait : « Comme tu es, c’est super. Ne change rien pour plaire aux autres ». Ça peut paraître simple, mais quand on a du mal avec son image à l’écran, apprendre à se plaire à soi-même est un défi. Une fois qu’on l’accepte, tout devient plus facile.
On compare souvent votre timbre de voix à celui de Grégory Lemarchal, également ancien candidat et vainqueur de la Star Academy en 2004. Est-ce un artiste qui vous guide ?
Absolument. C’est une immense source d’inspiration. C’est d’ailleurs en regardant une vidéo de lui chantant S.O.S. d’un terrien en détresse que j’ai commencé à m’intéresser à la Star Academy et à des artistes comme Daniel Balavoine aussi. Nous avons une tessiture vocale assez proche, et j’aime énormément interpréter son répertoire.
Votre album est sorti le 6 mars dernier. Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ces douze titres ?
Je voulais parler de la confiance en soi et des doutes que l’on traverse à 18 ou 20 ans. Mon but est d’être porteur d’un message positif : il faut accepter les choses, ne pas avoir peur de se livrer et avancer. Je veux que mes chansons fassent du bien aux gens.
Vous avez co-écrit la majorité des morceaux. Comment s’est passée cette transition vers l’écriture ?
C’était complexe car ce n’est pas mon métier initial, je suis avant tout chanteur. Mais j’ai eu la chance d’être entouré par des passionnés comme Igit, Noé Préchauffe ou Laurent (Petit Nuage). Ils m’ont transmis leur savoir-faire et m’ont fait réaliser qu’écrire est quelque chose de génial.
Vous serez en concert à La Cigale le 8 avril prochain et chez vous, à Pléneuf-Val-André, le 6 juin. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Pour La Cigale, il y a du stress, mais surtout de l’excitation. C’est une salle chaleureuse où j’ai vu des artistes que j’adore, comme Vincent Delerm ou Julien Lieb. Quant à la date chez moi, c’est symbolique. C’est une salle mythique située à 30 mètres de la plage où je jouais petit. Je sais que beaucoup de gens qui m’ont connu enfant seront là, alors j’ai intérêt à être excellent pour eux !
Vous partagez le même label, Tôt ou Tard, avec des pointures comme Vianney ou Vincent Delerm justement. Est-ce une pression supplémentaire ?
C’est surtout une chance extraordinaire. Le label ne lâche jamais ses artistes et Vincent Frèrebeau est un humain formidable. Je ne me mets pas la pression, je travaille simplement pour montrer ce que je sais faire.
Quels sont vos projets pour la suite, après cette tournée ?
La tournée pourrait s’étendre encore plusieurs mois. On parle aussi d’une réédition ou d’un deuxième album. Mais j’avoue que le cinéma m’attire depuis tout petit, peut-être même plus que la chanson au départ. Faire de l’acting est un projet que j’aimerais vraiment explorer. Je suis ouvert aux propositions, tant que je continue à travailler.
Charles Doré semble avoir trouvé son équilibre entre l’exigence des grandes scènes parisiennes et l’authenticité de ses racines bretonnes. Qu’il soit derrière un micro ou, demain peut-être, devant une caméra, l’artiste avance avec une sincérité désarmante. Une chose est sûre : son voyage ne fait que commencer.
Interview @elisahumann