Cécile McLorin Salvant
Le centre de ma musique, c’est le jazz, mais je flirte avec tout
À la croisée des cultures et des disciplines artistiques, Cécile McLorin Salvant incarne une figure singulière du jazz contemporain. Entre ses racines haïtiennes et françaises, la musicienne, qui a commencé à chanter à l’âge de trois ans, ne cesse d’explorer les frontières.
Comment définiriez-vous votre style musical ?
Je pense que la réponse la plus simple, c’est que je suis une musicienne de jazz. Mais j’ai aussi fait pas mal d’études de musique classique et de chants et de musique baroque, musique ancienne. Je m’intéresse beaucoup à la musique folklorique, aux musiques du monde, à la pop music. Au théâtre aussi : j’aime beaucoup les comédies musicales, l’opéra. Ma musique est basée dans le jazz, mais elle flirte un petit peu avec toutes ces autres choses aussi. Et j’aime beaucoup la chanson française : j’adore chanter les chansons de Fréhel, de Mistinguette, entre autres…
Quelles sont vos inspirations côté jazz ?
Louis Armstrong, Betty Carter, Billie Holiday, Charlie Parker… La liste est longue !
Votre dernier album, Oh Snap, est sorti récemment. Que raconte-t-il ?
Il parle de plein de choses. Je pense qu’un album n’a pas un seul message. Et d’ailleurs, je pense que même moi, je ne connais pas forcément tous les messages qu’il y a dans l’album. Je pense qu’en tant qu’artiste et musicien, on pense avoir plus de contrôle sur ce qu’on fait et sur ce que ça veut dire. Oh Snap, c’était une sorte de jeu, en réalité. J’ai joué, j’ai suivi mon intuition dans cet album. Il y a plein de désirs, de peurs, de joies, d’humour, de nostalgie aussi, mais surtout du jeu.
De quels instruments jouez-vous ?
Dans cet album, j’ai surtout joué des synthés et puis j’ai chanté. Mais je me suis amusée dans les programmes sur mon ordi à écouter tous les sons qu’il y avait, tous les rythmes qu’il y avait, tous les samples, les loops et à s’amuser avec la machine.
A côté de la musique, vous êtes illustratrice. Comment l’art visuel se connecte à votre musique ?
Je ne mélange pas trop les deux mais je suis en train de travailler sur un film d’animation où ce sera la première fois qu’il y aura du dessin et ma musique ensemble pour raconter une même histoire. Sinon, j’ai parfois des projections de mes dessins derrière sur scène. Je fais aussi beaucoup de broderies. Parfois, en concert, j’ai des habits que j’ai brodés à la main. En ce moment, je fais pas mal de dentelles. J’ai appris à faire une sorte de dentelle récemment qui s’appelle la frivolité, et je fais des petites dentelles que je porterai sur scène.
Vous allez jouer à Niort le 21 mai prochain. Vous jouez souvent en France ?
Mes tout premiers concerts en France remontent en 2008 à Aix-en-Provence. Et depuis, j’ai eu beaucoup de chance car, ces dix dernières années, j’ai peut-être fait une ou deux tournées par an en France. C’est un des endroits où je tourne le plus régulièrement.
Cécile McLorin Salvant sera en tournée dans toute l’Europe, en Italie, en Espagne, en République tchèque puis au Danemark.
En concert à Niort, le 21 mai 2026 au Moulin du Roc à 20h30
Interview @elisahumann