Voyage au bout de la nuit niortaise

Voyage au bout de la nuit niortaise

« Le problème à Niort, c’est qu’il n’y a rien à faire… »

Les idées reçues ont la vie dure… Car à y regarder de très près, ici, nombreuses sont les occasions de vivre une expérience inoubliable en poussant les bonnes portes, au bon moment. C’est ce que nous avons voulu montrer avec ce voyage au cœur des nuits niortaises Des soirées les plus confidentielles à la venue d’artistes reconnus, découvrez le vrai Niort, celui des autochtones, sous le prisme de la nuit.

« Ce genre de trucs, faut avoir les contacts… » 

Chaque mois, au détour d’une petite rue du centre-ville de Niort, se déroule un événement pas comme les autres. Une adresse, et par les fenêtres, des ombres s’agitent.

Pousser la porte de cette maison en apparence tout à fait comme les autres dévoile un bar improvisé où un restaurant de streetfood propose un plat unique et végétarien, ainsi que diverses boissons alcoolisées dans des gobelets dépareillés récupérés sur plusieurs évènements niorto-niortais.

Les lumières sont intimistes, quelques néons roses éclairent une scène improvisée entre une cuisine et un mur décoré de natures mortes. Et de l’extérieur, une vue imprenable sur la butte du Pré Leroy.

Dans la pièce principale ouverte sur le jardin s’entassent une cinquantaine de personnes. Une ambiance conviviale, détendue.

A en croire les bribes de conversations entendues ça et là, tout le monde ici semble se connaître. Ou connaître quelqu’un, qui connaît quelqu’un, qui connait…

Et si toutes ces personnes sont réunies ce soir, là, dans cette maison, presque entre amis, c’est pour assister au concert privé de deux groupes undergrounds seulement connus des aficionados de musique alternative. Une ambiance feutrée et confidentielle pour une expérience hors du commun, entre intimité et hype moderne.

« Vous êtes chauds Niort ? Je veux voir toutes les mains en l’air… » 

Changement de décor et d’univers, ce soir nous sommes au beau milieu de la zone d’activité de Chauray, dans un restaurant bar d’ordinaire plutôt lounge, qui s’est paré pour l’occasion de ses plus belles lumières, pour devenir une boîte de nuit, en plus mondaine. Une déco moderne et haut de gamme où les tableaux aux couleurs grise et ocre habillent les murs d’une salle qui n’a rien à envier aux discothèques de la côte sud. 23h30. Autour des tables et des mange-debout, il règne une ambiance d’after-work qui aurait trop tardé. Les petits groupes de trentenaires se penchent au-dessus des tables pour pouvoir s’entendre par dessous les boom-boom à 90 décibels. 

Minuit sonne et les lumières s’éteignent pour laisser la place aux flashs stroboscopiques, et l’intro du DJ retentit dans une synchronisation parfaite avec les portables brandis en direction de la console de son, pour ne rien manquer de l’entrée du super-héros des platines.

Des couples de quarantenaires en goguette, des groupes de jeunes étudiants qui fêtent la fin de la semaine, et au-delà des catégories socio-démographiques, le point commun de vouloir se retrouver et faire la fête dans une ambiance pré-2020. A peu de choses près, on se croirait dans les plus grands clubs de la capitale. Un mouvement incessant de pied gauche, pied droit, pied gauche… et les têtes dans un hochement perpétuel, rythmé par les beats du DJ. Ce soir, la marée humaine a le rythme dans la peau. 

Les samples de Joan Jett ou AC/DC scandés par la foule comme dans les plus grands stades s’entremêlent avec les beats les plus populaires de la culture house, et les tubes des années 80 côtoient les 130 BPM.

« Allez, viens, on va danser ! »

Nouveau changement de lieu et d’ambiance, pour se retrouver cette fois-ci au cœur d’une soirée étudiante. Organisée chaque mois par un groupe d’étudiants dans un bar de la ville qui accepte de se prêter au jeu, ces soirées rassemblent en moyenne une cinquantaine de jeunes, entre 18 et 23 ans qui aiment à venir passer ce jeudi soir hors du temps et de leur quotidien studieux à se détendre sur les titres les plus radiodiffusés du moment. 

Entre dance et pop urbaine en fond sonore, on voit s’agglutiner sur la terrasse privatisée des petits groupes un peu hétérogènes mais riant de bon cœur, composés de jeunes garçons arborant les meilleurs looks des clips américains, ou bien de jeunes filles tantôt en robe de soirée, tantôt nombrils à l’air. C’est quand les premiers oseront finalement investir la piste de danse au son du dernier tube d’Aya Nakamura, que le top-départ sera donné pour une fête qui battra son plein jusqu’à très tard, sans se soucier du lendemain dans une ambiance qui n’a rien à envier aux soirées des plus grands.

Une chose est sûre, la relève est assurée pour que continue de vivre l’univers si riche des soirées niortaises.

@sortiraniort  / @jadoreniort

Interview et texte par @mel.bguier

Crédit photo : @lambert.davis