La Mouche des marquises  « Quand tu vois un mur bouger, même vingt ans plus tard, tu t'en souviens ! »

La Mouche des marquises
« Quand tu vois un mur bouger, même vingt ans plus tard, tu t’en souviens ! »

La Mouche des marquises sait surprendre, c’est le moins qu’on puisse dire. Dans l’univers de cette maquilleuse artistique body painter rochelaise, les papiers peints et les tableaux prennent vie. Car, depuis 2013, elle s’est spécialisée dans l’art du camouflage. Les modèles, maquillés, se fondent dans le décor, créant ainsi la surprise lorsqu’ils se mettent alors en mouvement ! Passée dans l’émission de M6 « La France a un incroyable talent » en novembre 2022, puis dans « Got Talent Espaňa » durant l’été 2023, ou encore au championnat du monde de body painting en février 2026 en Espagne, La Mouche des marquises fait de chacune de ses prestations un événement inoubliable qui ne laisse jamais de marbre. Surprise garantie !

Comment en êtes-vous venue au camouflage ?

Je suis autodidacte. J’étais élève en école de massage et, en parallèle, je maquillais sur des tournages de courts-métrages de films d’horreur à La Rochelle. Puis je me suis lancée professionnellement dans le maquillage pour les enfants à l’occasion de Noël, Halloween… J’ai découvert le camouflage par hasard. Une amie participait à un concours de courts-métrages organisé par Nikon et m’avait demandé mon aide. Elle souhaitait raconter l’histoire d’une élève timide qui souhaitait se fondre dans le décor. Puis, trois semaines plus tard, j’ai un coup de cœur pour un papier peint dans une cabine d’essayage d’une boutique de vêtements à La Rochelle. J’ai donc demandé au gérant si je pouvais faire une séance photo avec un modèle avec le torse peint des mêmes motifs et couleurs.

Vous créez ces œuvres d’art éphémères depuis 2013, date de la naissance de La Mouche des marquises (clin d’œil à la mouche placée sous l’œil pour désigner la femme passionnée ou l’artiste). Comment se réinventer pour ne pas tourner en rond ?

C’est le décor qui m’inspire. Et je ne fais jamais deux fois la même chose. Aujourd’hui, j’ai plus envie de me tourner vers le surréalisme, vers quelque chose de dérangeant tout en étant très esthétique, à la Magritte ou à la Dali, j’ai envie de raconter une autre histoire, d’interroger.

J’aime aussi m’entourer de photographes et me nourrir de leur vision de mon travail. Je travaille majoritairement avec Laura Yel’pa de Saintes et Servane Roy Berton, basée entre Paris et Toulon.

Je participe, par exemple, à des calendriers de sapeurs-pompiers où je les intègre à des décors.

Comment choisissez-vous les modèles que vous maquillez ?

Ce sont des danseurs professionnels ou des performeurs, ils connaissent leur corps et sont habitués à travailler avec.

Quelle est la plus grosse difficulté du maquillage camouflage ?

Quand je mets le modèle à plat, ça va, je maîtrise. Mais quand je le détache du fond, c’est un autre niveau de travail ! Cela dépend aussi des couleurs, des motifs. Avec le noir et le blanc, par exemple, tu n’as pas le droit à l’erreur ; il faut faire attention à ce que les couleurs ne se mélangent pas. Il faut déjà anticiper le résultat final. Mais ça me permet de me challenger. Tout dépend si c’est pour une photo ou pour un événement. Car, paradoxalement, quand le travail est trop bien fait, il passe inaperçu !

« Quand le travail est trop bien fait, il passe inaperçu ! »

Le travail est-il d’ailleurs différent entre une photo et un événement ?

Carrément ! Pour un événement, il faut que ce soit parfait, que le modèle se confonde avec le décor car on cherche à créer un effet de surprise. Alors que, sur une photo, le modèle ne se verra pas et le public passera justement à côté de l’effet recherché ! Donc il faut détacher le modèle. Celui-ci doit prendre une pose qui donne un sens à la photo. Comme c’est moins confortable pour lui, j’essaie de travailler plus vite et cela me demande encore plus de concentration. Quand il y a un travail de perspectives aussi, en hauteur par exemple. C’est du sport de remonter et de redescendre et de me souvenir de l’emplacement des traits.

Quels types de réactions recevez-vous justement de la part du public ?

Ça marque les esprits ! Quand tu vois un mur bouger, même vingt ans plus tard, tu t’en souviens ! Je suis toujours aux premières loges pour voir leurs réactions, c’est ma récompense ! Parfois, certains ont peur. Avant de se mettre à rire. Je me souviens d’un monsieur, juste à un mètre du modèle, mais qui ne l’avait pas vu. Les gens mettent souvent quelques secondes à réaliser.

Où et quand le public peut-il justement venir découvrir votre travail ?

Parfois, lorsque j’ai besoin de m’entraîner, je viens avec mes modèles et je le fais sur le papier peint de Ryser à Puilboreau ou Échillais, en Pays rochefortais. Les clients qui sont présents à ce moment-là ont le droit au show en direct ! Mais sinon il s’agit majoritairement d’événements privés organisés par des entreprises. Même si parfois le public peut avoir quelques surprises au détour d’un événement tous publics…

Source : 

www.lamouchedesmarquises.com

Instagram @lamouchedesmarquises

Facebook @La mouche des Marquises, maquillage artistique

Interview @JDelrieux

Photos @lambertdavis , Jean-Michel Ferret, Laura Yel’pa, Hugo Lafitte, Boîte à pixels-studio photo