Béatrice de La Boulaye L'odyssée d’une « Héroïne » entre rire et résilience

Béatrice de La Boulaye
L’odyssée d’une « Héroïne » entre rire et résilience

Comédienne phare de la série Tropiques Criminels, Béatrice de La Boulaye parcourt actuellement la France avec son premier seule-en-scène, « Héroïnes ». Un spectacle né d’un hasard heureux, qui mêle portraits historiques, stand-up et confidences personnelles. Entre deux dates de tournée par chez nous et avant de retrouver les plateaux de tournage, elle nous livre les secrets de cette aventure théâtrale placée sous le signe de la liberté.

Votre spectacle s’appelle Héroïnes. Comment est né ce projet et quel est son point de départ ?

Le spectacle est arrivé un peu par hasard. Au départ, avec le collectif La Comédie Presque Française, nous devions détourner une pièce de Molière pour la télévision, mais le projet ne s’est pas fait alors que la salle était déjà réservée. Je me suis alors « jetée à l’eau » en solo. C’est ce que j’appelle la « sérendipité » : le fait de faire fructifier un hasard. Je suis partie de l’idée de tirer le portrait-robot des héroïnes de Molière pour finalement m’interroger sur la figure de l’héroïne en général, sur le féminin, le masculin et les injonctions sociales. C’est une véritable ode à la liberté.

Le spectacle tourne depuis deux ans maintenant. Quel est votre programme pour les mois à venir ?

J’ai fait un an de rodage et j’en suis à ma deuxième année d’exploitation. La tournée se poursuit partout en France jusqu’en avril. Je ferai notamment deux dates à l’Européen à Paris les 18 et 19 mars 2026, avant de finir cette session aux Antilles avec des dates à Fort-de-France le 14 avril et en Guadeloupe le 17 avril. Ensuite, je repartirai tourner la série Tropiques Criminels. avant la reprise du spectacle à l’automne.

Dans le spectacle, vous évoquez des figures historiques comme Frida Kahlo. Pourquoi elle particulièrement ?

C’est une personnalité intrigante. Elle est autant pétrie de doutes que d’intuition, très libre et pourtant soumise au regard des autres. Et ce n’était pas la dernière pour faire la fête ; je ferais bien une soirée tequila avec elle ! (rires)

Vous abordez également un sujet très intime : votre combat contre le cancer du sein. Le rire a-t-il été un outil de guérison pour vous ?

Ça a été un réflexe naturel plutôt qu’une décision. Le parcours médical est parfois tellement rocambolesque qu’il en devient drôle. Le fait d’en parler avec humour permet de décomplexer et d’ouvrir la conversation sur un sujet encore très tabou et dramatisé. Aujourd’hui, j’utilise cette expérience pour encourager le dépistage précoce. J’en parle dans un roman graphique, Mammomia, avec l’autrice Bernadette Veille, qui adapte avec humour la fin du spectacle consacrée au cancer.

Le public vous connaît aussi pour votre rôle de Gaëlle Crivelli dans Tropiques Criminels. Ce personnage a-t-il influencé votre écriture ?

Oui, elle a contribué à ce « portrait-robot ». On nous appelle souvent « les héroïnes » avec Sonia (Rolland, ndlr) dans la série. Mon personnage est une femme très libre, et nous partageons ce trait de caractère toutes les deux.

Vous avez longtemps travaillé en collectif, notamment avec les Airnadette. Qu’est-ce qui change radicalement en étant seule en scène ?

Tout est différent ! Avec les Airnadette, on était onze sur la route, en playback, derrière des personnages exagérés. Là, je suis seule avec ma propre voix et mon histoire. C’est le passage du bruit au silence qui change. Le côté positif, c’est que les circuits de validation sont très courts : je m’autoconsulte et la décision est prise. Même si l’esprit « colo » et l’émulation collective me manquent parfois un peu.

Que peut-on vous souhaiter pour l’année 2026 ?

J’ai envie de faire peut-être « moins, mais plus fort ». Cette année a été très éparpillée entre le livre, la tournée et les tournages. J’aimerais me poser pour écrire un film, réaliser une « chose ». Un deuxième spectacle viendra sûrement un jour, cependant je veux me laisser le temps de digérer tout ça.

SOURCES

@beatricedelaboulaye

Interview : Elisa Humann